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Comment une petite fille et sa famille continuent d'espérer dans une ville ravagée par un tremblement de terre

 

Andrise à neuf ans. Sa maison n'a pas résisté au tremblement de terre qui a détruit une grande partie de Port-au-Prince en Haïti le 12 janvier 2010. Elle et sa mère vivent maintenant dans un camp de fortune établi dans un quartier appelé Carrefour Feuilles. Le 21 janvier 2010, Aide à l'enfance distribuait des fournitures essentielles aux personnes de ce camp. Nous avons distribué des articles ménagers (tels que des bidons ou des équipements de cuisine), des articles d'hygiène et de l'eau potable.

L'histoire d'Andrise

 

« Le jour du tremblement de terre, je faisais ma toilette dehors quand la maison s'est mise à trembler et à trembler de plus en plus fort. Mon petit cousin était à côté de moi et nous avions très peur et nous avons couru pour nous protéger dans la maison. Quand nous sommes entrés, un mur s'est effondré. La maison d'à côté s'est effondrée et les deux bébés qui étaient dedans sont morts. Je pensais que nous allions tous mourir. Je pensais que c'était la fin du monde. 

 Quand c'est arrivé, ma mère était en cours à l'université et elle a dû sortir quand l'école a commencé à trembler. Elle avait très peur parce qu'elle pensait que j'étais morte. Mais mon beau-père nous a sauvés et nous a emmenés voir maman. 

 Je suis triste parce que beaucoup de mes cousins sont morts dans le tremblement de terre. Mon oncle est mort aussi. Beaucoup de gens que je connaissais sont morts écrasés dans leur maison. 

 Nous n'avons plus rien. Une grande fissure traverse notre maison et elle est presque détruite. Il suffirait d'une autre secousse pour qu'elle s'effondre complètement, alors on n'y est plus en sécurité. Maintenant, nous vivons dans ce camp. On ne se sent pas bien ici parce que c'est la première fois que nous sommes obligés de dormir dehors dans un endroit comme ça ».

Les effets du séisme sur une infrastructure déjà chancelante et une population pauvre furent immédiats et catastrophiques; sur une population totale de 10 millions d'habitants, 3 millions furent directement affectés par cette tragédie. Le tremblement de terre a détruit la capitale et les villes périphériques, laissant les familles endeuillées devant la perte tragique de plus de 230 000 personnes. Plus de 400 000 ménages, soit 2 millions de personnes, furent déplacés. Et plus de 1,6 million de personnes établirent de campements spontanés là où elles le pouvaient créant des conditions de vie insoutenables pour plus de 15 pour cent de la population.

« Ce matin, Aide à l'enfance est venue et nous a donné des choses dont nous avons besoin. Nous pensions que personne ne viendrait nous aider, mais ce matin ils sont venus et nous ont donné de l'eau, du savon, des assiettes et pleins d'autres choses. Tout le monde a fait la queue à l'extérieur de camp pour recevoir leurs choses.  

 J'aimerais partir de cet endroit et j'aimerais qu'on aille vivre dans un meilleur endroit avec de la nourriture et tout ce dont on a besoin. On ne veut pas vivre comme ça. »

 La réalité haïtienne à la suite du tremblement de terre est tout autre. Un an s'est écoulé depuis le tremblement de terre et très peu a été fait pour alléger la misère de la population haïtienne. La situation des enfants, en particulier, demeure critique.

 Nous avons gardé le contact avec Andrise tout au long de l'année, et l'avons aidé, elle et d'autres familles qui campent toujours dans le quartier de Carrefour Feuilles, où Aide à l'enfance fournit de l'eau potable, des latrines et des douches. Près d'un an plus tard, nous avons discuté avec Andrise pour savoir comment elle surmontait sa situation précaire.

 Andrise et sa mère n'ont toujours pas de logement permanent. Leur tente est l'une des centaines que compte ce camp temporaire, et comme toute famille vivant dans une tente souvent battue par les pluies, elles sont exposées aux éléments. Les déchets jonchent le sol près de leur tente et lorsque nous lui avons rendu visite, un chien errant mangeait les ordures.

 Andrise nous a montré fièrement son nouvel uniforme d'école rose, car au début du mois d'octobre, elle est retournée à l'école pour la première fois depuis le tremblement de terre. Elle vient d'entrer en cinquième année. Elle est très contente de pouvoir retourner à l'école. Et Andrise n'est pas peu fière d'annoncer qu'elle est l'une des meilleures élèves de sa classe. Elle rêve même de devenir médecin.

 « J'aime bien les sciences. Je voudrais être médecin parce que c'est un métier que j'aime. Et vous pouvez sauver des vies. Je travaille dur et j'aime les maths. »

 Mais, Andrise et sa famille ne se sentent pas en sécurité dans ce camp. « Je ne me sens pas bien ici, car il se passe toujours quelque chose. Comme quand la pluie tombe et que le tonnerre gronde juste au-dessus de ma tête et que j'ai peur » ,dit-elle. « La vie dans une tente n'est pas une vie normale. Quand je vais dormir, j'ai peur, parce qu'il y a des voleurs. Je voudrais vivre dans une maison et pas dans une tente, dans une maison qui n'a pas été détruite par le tremblement de terre. »

 Le 29 octobre dernier, Andrise a fêté ses 10 ans. Son vœu le plus cher? Simplement, une nouvelle maison.

 Financez le fonds d'urgence pour l'enfance dès aujourd'hui.